Ségolène a exposé son "pacte présidentiel" lors du beau meeting de Villepinte où nous étions 150 tourangeaux. L'émission de TF1 lui a permis de faire entendre sa difference, la qualité de son écoute et de son empathie avec les Français. Elle a su réunir l'ensemble de la gauche non-communiste, les socialistes mais aussi les amis de JP CHEVENEMENT et de C. TAUBIRA. Localement nous avons commencé à diffuser les "100 propositions" sur les marchés et dans les boîtes à lettre. Nous nous préparons à accueillir F.HOLLANDE le 12 mars à TOURS et A. MONTEBOURG le lendemain à NOTRE DAME D'OE.
La campagne présidentielle est donc bien lancée, et au-delà de la démocratie émotive générée par la télévision,qui tend à dramatiser et personnaliser le débat il nous faut faire vivre le débat d'idées et la confrontation des propositions. Si elle n'est que publicitaire la campagne revêt peu d'interêt. Le véritable enjeu est de mettre la société en mouvement en amenant un maximum de citoyen à s'interroger sur l'avenir, à imaginer le monde qu'ils veulent laisser à leurs enfants, à se projeter dans un projet collectif.
A l'inverse d'un SARKOZY, qui segmente l'électorat comme des catégories de consommateurs, qui essaie de proposer à chacun la mesure qui peut arracher son adhésion et qui encourage chacun à "s"en sortir individuellement", Ségolène défend une démarche de gauche qui passe par une prise de conscience collective. D'où les "débats participatifs" et l'insistance sur le fait que les differents problèmes et leurs solutions se tiennent les uns les autres, mais aussi que chaque droit conquis engendre des devoirs. C'est pourquoi elle oppose sans relache au "travailler plus" de la droite un "travailler tous", c'est-à-dire une réponse par le haut.
Engagé depuis des années sur les questions d'emploi et notamment pour lutter contre ce fléau que constitue dans notre pays le chômage et la précarisation des jeunes je ne peux qu'épouser pleinement ce combat et dénoncer ce simplisme raccoleur du "travailler plus", qui n'a aucun sens pour le salarié qui n'est pas le maître de ses heures supplémentaires et encore moins pour celui dont l'emploi est délocalisé ou pour le chômeur.
Aujourd'hui dans notre pays il y a du travail, on a même recours à de la main d'oeuvre immigrée de manière légale et illégale. Ce qui manque c'est de l'emploi, c'est-à-dire des situations stabilisées. Au nom du chômage de masse et de la mondialisation on a désorganisé le marché du travail, multiplié les CDD, le temps partiel, l'interim et les stages, au point que moins de 10 % des embauches de jeunes sont des CDI ! A l'inverse, l'employeur qui s'efforce de fidéliser et d'améliorer la situation de son personnel stable ne bénéficie d'aucune exonération, tandis que pour les plus grosses entreprises dont le premier objectif est la rentabilité financière, celles-ci ont atteint un niveau nettement superieur au déficit des comptes sociaux de la nation.
Il y a là un désordre économique qui entraîne un désordre social encore plus grand. La question n'est pas celle de la "valeur travail" mais du prix auquel on est prêt à payer le travail, de la rémunération du travail. A vouloir baisser le coût du travail (comme si la caissière d'AUCHAN était menacée par le travailleur chinois) la droite a appauvri la majeure partie des salariés de ce pays et accru la précarité, sans résoudre ni le chômage ni les pénuries d'emploi. Et ce que propose SARKOZY c'est d'accélerer, d'amplifier ce processus.
Le problème de notre pays n'est pas celui du travail mais de l'organisation économique et fiscale, car le travail y est beaucoup plus taxé que la rente ! L'ordre juste c'est de permettre à chacun d'accéder à un emploi correctement rémunéré et d'avoir une perspective professionnelle lui permettant de construire sa vie. C'est le projet de la sécurité sociale professionnelle. Mais une telle conquête ne peut pas être le simple fruit de décisions gouvernementales, cela doit être la résultante d'un véritable mouvement collectif qu'il nous faut construire et dont la sanction électorale des présidentielles puis des législatives n'est qu'une étape. C'est aussi le dialogue social qu'il faut rebâtir, redéfinir la fiscalité et les modalités de financement de la protection sociale, aider les jeunes pour l'accès au premier emploi...etc
Pour être utile la campagne qui s'ouvre ne doit pas consister à convaincre ponctuellement des citoyens-consommateurs par la télévision mais la mobilisation et la participation de citoyen-actifs autour de grands projets collectifs.
C'est en tout cas à l'emergence d'un tel mouvement que je veux consacrer mon energie, sinon ce sera la conjugaison et la conjuration des égoïsmes qui feront la décision et les grandes questions sociales, économiques, environementales...qui nous sont posées resteront sans véritable réponse.
Ma conviction profonde est qu'il n'y aura pas de profonds changements sans un véritable mouvement des citoyens en faveur d'une plus grande justice sociale. La responsabilité de la gauche est d'impulser ce vaste mouvement démocratique à la hauteur de la crise économique, sociale et politique que connait notre pays.
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