La campagne est partie. Localement nous avons commencé les présences sur les marchés, les débats participatifs et installé le comité de campagne. Rarement une campagne aura été lancée aussitôt et il ne faut pas négliger le risque de saturation qui semble déjà presqu'atteint en ce qui concerne la reception des grands médias audio-visuel.
Je suis persuadé qu'un grand nombre de personnes ont déjà fait leur choix pour le deuxième tour mais comme le résultat sera serré c'est néanmoins le petit pourcentage des indécis qui fera l'élection. Comme en 2002, même si je ne pense pas que le même scénario va se reproduire, c'est le rapport de force entre les candidats du premier tour qui est le plus incertain (le score du FN, une éventuelle percée de BAYROU, l'éparpillement ou le rassemblement du pôle anti-libéral ou des écologistes ?).
C'est pourquoi Ségolène ROYAL a raison de maintenir le cap et le rythme de sa campagne et ne pas retomber dans les pas des éléphants du PS ni de se soumettre aux conseils de la classe médiatico- politique parisienne. Sa force c'est d'incarner le changement, une autre manière de faire de la politique, un autre type de camapagne où il s'agit moins de convaincre que d'abord de comprendre. De comprendre et d'animer un travail permettant à la société de se comprendre elle-même et ainsi de se retrouver. Le trait commun à l'ensemble des débats participatifs c'est la crainte voire le sentiment du déclassement. Les gens se posent moins la question de savoir comment progresser pour eux ou pour leurs enfants que de comment éviter de "descendre" ?
Le temps des propositions viendra, pour l'heure l'important est de définir les priorités, les problèmes à traiter en urgence et les réformes de fonds à mener et la méthode pour les mener. La campagne elle-même doit crédibiliser le changement de méthode et administrer la preuve que nous avons changé et anticiper aux yeux du plus grand nombre de nouvelles pratiques du pouvoir.

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